Le souci de la réussite

En toute logique vous avez le droit de vous demander où est-ce que j’avais disparu. Cela fait des semaines, et même des mois, que je n’ai pas pris mon ordinateur pour juste écrire. Alors bien sûr tous les jours j’envoie des dizaines de mails, le week-end je rédige des dissertations mais disons que depuis fin avril, je n’ai pas vu le temps passer. En quelques jours tout s’est accéléré. Les devoirs, le boulot, la vie, les week-end ici et là. C’est à se demander si j’ai vraiment profité de tout ce qui m’est arrivé ces dernières semaines tellement c’était intense ou si je ne l’ai pas juste vécu en faisant la course après le temps pour être sûr de tout faire sans jamais rater un train, un avion ou même une deadline. Je viens de mettre le dernier point final à mon dernier devoir de l’année et je me sens vidée émotionnellement (bon y a peut-être un peu de Mercure en rétrograde dans le lot aussi). 

Il serait bien trop long de détailler tout ce qui m’est arrivé ces trois derniers mois et d’ailleurs même sûrement inintéressant parce qu’il faudrait que je passe des heures à poser le contexte. Je pense que je reviendrai sur quelques épisodes qui, même s’ils ont été douloureux et éprouvants, m’ont fait grandir et m’endurcir. A titre d’exemple j’ai laissé mon travail me bouffer au point d’atteindre les 8 de tensions, j’ai coupé les ponts avec plusieurs personnes très nocives dans mon entourage, j’ai failli ne pas signer ma prolongation de contrat la veille pour le lendemain, j’ai raté ma soutenance… Si vous me suivez sur Instagram, vous devez vous dire que ces derniers mots ne sont pas logiques. J’ai eu ma cérémonie de remise de diplôme le 4 juillet dernier et en photo, tout semble dire que cela s’est bien déroulé. FAUX (à lire avec la voix de Norman svp). 

J’ai passé ma soutenance le 3 juillet dernier. Arrivée in-extremis après avoir été jetée d’un bus par le chauffeur qui n’avait pas le temps de me faire de la monnaie, je savais avant même de la passer que ça ne sentait pas bon. Ces derniers mois entre le boulot et la période chargée de juin-juillet, les autres devoirs à mener en parallèle de ce projet, ça a été compliqué. Je ne vais pas mentir non plus, le choix de mes camarades de groupe n’a pas été le meilleur choix stratégique que j’ai fait. Parce que je ne vous ai pas dit mais c’était une soutenance de groupe (histoire de pimenter les choses). On a voulu se mettre entre français pour faciliter la tâche et mieux se comprendre, résultat ça a été tout l’inverse. Cumuler un job à plein temps avec des cours par correspondance, c’est faisable quand vous faites un 9h-18h tranquille pas quand vous en arrivez à ma charge de travail. Plus le temps passait, plus je savais que quelque chose allait merder à un moment, ça a été ce mémoire. Avant de le rendre, j’ai passé trois jours non-stop dessus mais ça n’a pas suffi à rattraper les dégâts. Alors je ne dis pas que je n’ai rien à me reprocher dans l’échec de cette soutenance, juste que plus on approchait du rendu, moins j’ai bénéficié de soutien et j’ai moi aussi craqué dans la bataille. C’était le mémoire ou les devoirs. Une semaine après cet oral, le verdict tombait : 45. Il faut 50. Alors tout n’est pas perdu car j’ai un rattrapage en octobre mais cela veut dire encore travailler au mois d’août et septembre et j’avoue que là, la motivation est difficile à trouver. 

Quand la note est tombée, la déception était là forcément. Je n’ai jamais eu de rattrapage de ma vie, j’ai toujours tout assuré même in-extremis, je ne connais pas vraiment l’échec et je n’ai jamais eu une note en-dessous de 65 lors de tous mes autres devoirs cette année. D’un autre côté, je savais que ce travail n’était pas à la hauteur, à la hauteur de ce qu’ils demandaient et surtout de ce que moi, je le sais, je peux fournir. J’ai toujours tout donné dans mon boulot, parfois trop. Je ne sais pas faire les choses à moitié, je m’investis, j’y consacre du temps, des week-end parce que je m’épanouie vraiment dans ce que je fais. Si j’ai tenu ces dix derniers mois dans mes études c’est parce que j’apprenais plein de choses, je découvrais de nouvelles matières, je m’ouvrais à d’autres perspectives. Malgré la difficulté et les heures à râler parce que je n’en voyais pas le bout, je voulais accomplir ce diplôme et surtout le décrocher. J’étais en colère dès que j’avais une note en dessous de 75 parce que j’ai le souci de réussir. Le problème c’est que je n’ai pas seulement le souci de réussir dans mes études mais dans la vie en général. Le souci de réussir dans ma vie privée, dans ma vie pro, de montrer aussi que je réussi. C’est un peu malsain dans un sens car j’ai l’impression que ça veut dire que j’ai un sacré égo non ? Je ne veux pas tout réussir parce que je sais que je ne peux pas tout faire et que d’ailleurs je n’en suis pas capable mais je veux réussir ce que j’entreprends. Autant vous dire que quand je vois ma santé décliner parce que ça ne va plus au boulot, ma plus grosse angoisse c’est qu’on constate que je n’ai pas réussi, pas à me remettre sur pieds. Aujourd’hui, il y a des choses dans ma vie que je réussi mieux que d’autres et c’est pour ça que je m’y consacre. Je sais que je suis bonne dans mon travail alors je m’y mets à fond, a contrario, je suis nulle dans les relations amoureuses et je fuis ça, refusant de laisser un peu de place dans mon emploi du temps pour ne pas essuyer un échec. 

Tourmentée la nana ? Juste un peu. 

Bref, revenons à cette soutenance ratée. Toujours dans cette envie de réussir et de montrer que je réussis, je n’ai bien évidement pas écrit des lignes et des lignes à ce sujet sur Internet et pourtant… Je pensais que j’aurai plus honte que ça, que je n’assumerai pas du tout et finalement, ça va. Je sais la difficulté que ça a été de mener tout de front ces dix derniers mois et même si j’aurai préféré dire à tout le monde que j’avais tout accompli les doigts dans le nez, ça me rappelle aussi que je suis humaine et que j’ai mes limites. Je crois avoir atteint la première au mois de mai et ça me permet de mieux me connaître. J’ai raté ma soutenance, je ne le crie pas sur tous les toits mais quand on me pose la question je l’assume. Je ferai mieux en octobre quand j’aurai l’esprit plus tranquille et déchargé et ce n’est pas grave. Si on m’offre une seconde chance, c’est qu’il y a une bonne raison (du moins c’est ce que je me dis). Cette prise de conscience ne signifie pas que je vais arrêter de chercher la réussite dans tout ce que je fais mais c’est déjà un premier pas d’avouer que cela me bouffe. 

J’ai encore plein de choses à vous raconter si vous saviez.

Je ne vais pas promettre de ne plus vous abandonner mais plutôt de revenir très vite pour vous compter de nouvelles histoires. J’espère que vous ne me prenez pas trop pour une folle après ce retour très psychologique, je vous rassure : je vais bien (enfin maintenant).

La bise, prend soin de toi et des tiens.

A la prochaine 👋🏼

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Romane

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