Rompre avec ses amis

Oui le titre de cet article est bizarre.
Oui je reviens encore une fois venue de nulle part.
Oui je devrais faire autre chose au moment même où j’écris ces lignes.
Oui, oui et oui, je sais tout ça mais je crois aussi qu’écrire ce qui se passe dans ma vie, écrire ces décisions douloureuses m’aideront à tourner la dernière page de ces mésaventures.

Pendant très longtemps, j’ai cru que l’amitié c’était faire des concessions pour les autres et être la meilleure amie possible, présente, avenante, conciliante. Par peur de me retrouver seule, je constate que j’ai beaucoup donné, beaucoup arrangé, beaucoup sacrifié. Par peur de me retrouver seule, j’ai pensé aux autres avant moi mais ça c’est comme dans toute histoire de couple : pas possible. Dans une relation entre deux personnes, il n’est pas possible que l’un prenne le dessus sur l’autre, ce n’est pas sain. Pour vivre une relation épanouie, il faut que chacun ait sa place et trouver un équilibre. Avec du recul, je me rends compte que je n’ai jamais instauré ça dans mes amitiés passées et j’essaye à présent de rétablir cet équilibre pour que tout le monde s’en porte mieux.

Avant j’étais la première à envoyer un texto, j’étais l’amie demandeuse, l’amie qui s’arrange pour que l’autre fasse le moins de chemin, pour avancer l’argent même si on mettait un mois à rembourser, pour être là, tout le temps. J’étais sûrement une amie un peu étouffante même. Je me rends compte maintenant que j’en ai souffert parce qu’il n’y avait pas besoin d’être cette amie là tout le temps. J’attendais l’autre, peinée sans réponse alors que non, il n’y avait pas besoin d’attendre l’autre à ce moment. L’autre, je le verrai le lendemain et rien aurait changé.

Par peur de me retrouver seule, j’étais aussi l’amie qui évitait le conflit. J’avais du mal à percer les abcès, à dire quand ça n’allait pas, à faire des reproches. J’imaginais qu’à la première dispute, j’allais perdre mes amis. Au lycée ça aurait sûrement été le cas, aujourd’hui non. Alors ce n’est pas agréable de reprocher des choses à quelqu’un mais c’est comme ça qu’une relation évolue. C’est aussi comme ça qu’on se rend compte des amis qu’on veut garder.

Récemment, j’ai eu des conflits avec deux amis. Dans le premier cas, ça n’a pas du tout été agréable de dire à cette personne ce que je pensais mais on s’est dit qu’il fallait qu’on discute et mette cartes sur table, qu’on se dise où on était dans nos vies et vers où on souhaitait avancer pour savoir si on souhaitait toujours que l’autre partage notre vie. Comme deux grandes personnes on a discuté et ça a été tendu mais on est ressorti de cette conversation grandit et on s’est dit que notre amitié valait la peine qu’on se batte pour régler nos conflits. Dans le deuxième cas, rien a priori laissait entrevoir un conflit avec cette personne mais il a fallu que d’une conversation glaciale basée sur un malentendu pour que du jour au lendemain un gouffre s’installe et que d’autres personnes décident aussi d’instaurer un gouffre sans pour être autant être sujet du conflit. Depuis ce jour, ces personnes ont décidé d’éviter la conversation, préférant parler derrière le dos des autres et alors qu’il y a quelques mois, j’aurai dit que je me serai battue pour garder ces amis-là que je m’obstinais de garder dans mon entourage malgré l’éloignement qui s’installait, aujourd’hui je me porte mieux sans.

Ces deux histoires qui se sont déroulées à peu près à la même période m’ont aidé à me rendre compte que ce n’est pas si grave de perdre des amis si on se rend compte qu’il n’y a pas de solution pour sauver la relation. Oui, on peut décider de rompre avec ses amis, on peut se rendre compte qu’on n’a plus rien en commun et qu’il vaut mieux laisser l’autre faire sa vie. Alors bien sûr ce n’est pas une décision facile à prendre et au début c’est effrayant parce qu’on a peur de perdre ses souvenirs et parce que ça fait mal de se séparer de quelqu’un mais comme dans toute histoire d’amour, il vaut mieux se dire au revoir à temps que se détruire et garder que du négatif d’une relation.

J’avais peur de me retrouver seule parce que la gamine de 16 ans que j’ai été n’avait pas toutes les échappatoires et les nouvelles rencontres qu’elle a aujourd’hui. Pendant trop longtemps, je suis restée figée dans ce mood de jeune adulte qui débarque dans la vraie vie et qui ,par peur d’être trop chamboulée, s’attache à des personnes qui lui apporte un environnement familier et confortable dans lequel elle a des repères. Moralité : être bousculée ce n’est pas si mal et vouloir sauver ce qui est déjà en train de couler, c’est perdre de l’énergie qu’on pourrait mettre ailleurs.

Aujourd’hui je n’ai plus peur d’être seule. Je vois mes amis quand j’ai envie, je les sollicite si j’ai envie, je planifie les choses pour voir des personnes différentes régulièrement et pas 3 fois la même personne en 10 jours, je prends des nouvelles et si on ne me répond pas tant pis. J’ai même instauré le dîner du jeudi.

Les amis d’hier ne seront pas ceux de demain et je me suis fait une raison. Je leur souhaite le meilleur mais un meilleur loin de moi parce qu’on n’a plus rien de bon à s’apporter. Je pense d’ailleurs que c’est un acte de bienveillance de rompre avec ses amis, c’est leur dire que malgré les bons moments passés ensemble, aujourd’hui ils méritent de trouver d’autres amis avec qui ils partageront davantage.

Ces dernières semaines, j’ai décidé de rompre avec des amis et même si ce n’est toujours pas simple à accepter, je sais que c’est la meilleure des décisions. Aujourd’hui je sais que j’ai de la chance d’être entourée des amis que j’ai, d’avoir une meilleure amie depuis 22 ans, d’avoir des amis de 60 ans qui me partagent leurs expériences sur la vie, d’avoir des amis de cultures différentes qui m’ouvrent sur la société, d’avoir des amis du collège et du lycée mais aussi des amis rencontrés il y a 2 ans. L’amitié, la vraie amitié, est tellement rare à trouver qu’il vaut mieux être seul que mal accompagné. On dit toujours que les personnes qu’on peut appeler à n’importe quelle heure pour n’importe quel problème se comptent sur les doigts des deux mains et c’est vrai.

Ne culpabilisons de dire au revoir à certaines personnes, rendons-nous plutôt compte que celles qui restent sont précieuses.

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Romane

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