La nation des matches aller

Si la campagne européenne 2018-2019 nous aura appris quelque chose, c’est que nous sommes la nation des matches aller. Nous sommes certes Champions du Monde mais nous sommes aussi la France, un pays où des clubs marquent 3 buts à l’aller et s’en prennent 3 (ou plus) au retour. Est-ce que ça reflète le fait que les français sont trop sûrs d’eux, qu’ils prennent les choses pour acquis, qu’ils ne supportent pas la pression ? Je ne sais pas. Ça reflète surtout que notre indice UEFA va en prendre pour son grade en restant bloqué à 10,583 au plaisir des clubs anglais qui affichent 6 clubs en quart de finale de coupe d’Europe, à un club du record de l’Espagne qui avait 7 clubs en quart de coupe d’Europe en 2000-2001. 

Si on m’avait dit le 17 décembre dernier qu’il n’y aurait plus le Bayern, plus le PSG, plus le Real et plus Dortmund le 14 mars prochain en Champions League, j’aurai ri. Un rire moqueur et humiliant pour dire à mon interlocuteur qu’il n’y connaît rien au football. Ou plutôt avec du recul que si, lui est plus réaliste que moi. On prend toujours le football pour acquis, les statistiques pour acquis mais ça fait 3 ans que le PSG fait de déjouer les statistiques d’Opta son combat. 100% des équipes qui avaient gagné 2-0 à l’aller en sortie de poule s’étaient qualifiées pour les 1/4 … sauf le PSG. 100% des équipes qui mènent à l’aller 4-0 n’ont jamais été rattrapé… sauf le PSG.  Bref, la qualification est réalisable sauf si tu t’appelles le PSG. 

L’arrivée de la VAR à partir de ces huitièmes ne se sera pas attirée que des copains. Entre le pénalty concédé dans les dernières minutes du match retour au Parc pour une main involontaire de Kimpembe et celui, complètement imaginaire, que le Barça récolte à domicile au début du match retour avec Suarez, ça râle ça râle. Il faut dire que la technologie n’a pas la science infuse et donc parfois la technologie ne marche pas mais les arbitres ont une fâcheuse tendance à être plus clément dans ces cas-là comme accorder un pénalty parce que la technologie n’a pas marché. Ces histoires me rappellent quelque peu les problèmes avec la goal-line technology qui ne signalait pas toujours les buts ou qui parfois vibrait sans raison. On se souvient bien d’ailleurs, début 2018, comment la LFP avait décidé de suspendre son accord avec Goal Control après de nombreuses défaillances du système avec les caméras qui perdaient le ballon et le fait qu’on pouvait faire vibrer la montre manuellement si on avait un doute. Là où je suis de plus en plus surprise c’est qu’en mettant de plus en plus d’arbitres on assiste toujours à des erreurs qui changent complètement la physionomie d’un match au plus haut niveau européen. Quand on sait ce qu’un but peut représenter en terme financier pour un club à ce stade-là, c’est presque cruel de se dire que ces millions se jouent à une VAR fonctionnelle ou non. 

Mais c’est aussi ça la magie du football et c’est aussi pour ces coups de gueule que journée après journée, on regarde ces matchs. On regarde du football parce qu’on veut que notre équipe gagne mais on regarde aussi le football en attendant la première faute, la première polémique qui animera les foules, qu’on pourra commenter et qui sera notre excuse pour justifier la défaite. On suit les parcours en coupe d’Europe le cœur remplit d’espoir, avec cette envie d’y croire tout en sachant qu’on vit quelque chose d’exceptionnel que tout supporter ne vivra pas et qu’il faut profiter de ces instants. Le football n’est pas parfait et c’est pour ça qu’on l’aime. Si tous les joueurs réussissaient leurs passes, si chaque coup franc étant rentrant alors ce sport n’aurait plus aucun intérêt. Être passionné de football, c’est entretenir une relation amour-haine avec un sport qui tantôt vous procure une joie immense, tantôt vous envahit de désespoir. 

Alors oui, l’Europe a éjecté momentanément le drapeau bleu-blanc-rouge mais ça n’enlève rien au fait que la saison prochaine, à notre retour, on continuera à râler contre l’arbitrage, contre la VAR, contre les contre-performances et les statistiques déjouées parce que vous savez quoi, je crois qu’on aime ça et qu’à défaut de gagner en coupe d’Europe, râler est dans l’ADN des clubs français. 

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Romane

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