Garcia, l’entrepreneur qui doit prendre du recul

Plus c’est dur, plus je suis motivé.

Cette phrase n’est pas celle d’un entrepreneur présentant le concept de sa nouvelle start-up devant des investisseurs, non cette phrase est celle de Rudi Garcia, entraîneur de l’Olympique de Marseille. Finaliste de l’Europa League en mai dernier et pointant actuellement à la 10ème place de la Ligue 1 Conforama avant son match en retard face aux Girondins et après s’être fait éliminer des deux Coupes, il paraît que c’est la crise à Marseille. Depuis décembre, c’est 1 victoire, 4 défaites et 3 nuls en 8 matchs en championnat, une élimination au TAB face à Strasbourg en Coupe de la Ligue et une élimination face à Andrézieux 2-0 en 32ème de Coupe de France. L’OM inscrit quand même 9 buts en 11 rencontres mais le problème c’est qu’ils en prennent plus, son fébrile défensivement, jouent 20 minutes sur 90 et à la fin, c’est l’autre qui gagne.

De manière générale, c’est plutôt une qualité d’être obstiné, motivé, sans relâche. Dans notre société moderne où on encourage chacun à se dépasser, à croire en soi et à entreprendre, c’est même souvent récompensé de montrer autant de volonté. Dans cette saga qu’est l’OM Champions Project,  Rudi Garcia est ce manager qui avance contre vents et marées, à la force seule de ses bras maintenant que, presque, tous l’ont abandonné. Dans un documentaire Netflix ce serait carrément le personnage un peu victime, attaqué de tous les côtés et dont on aurait tellement pitié à la fin, qu’on créerait une cagnotte Leetchi pour lui.

Alors il y a bien Jacques-Henri Eyraud qui tente de rester positif sur l’homme qu’il a prolongé en octobre dernier et qui lui coûterait une petite fortune en cas de licenciement (entre 8 et 12M de pâquerettes). Oui Jacques-Henri Eyraud c’est un peu l’amoureux transit, qui fait les choses un peu vite et qui après, ne sait plus comment se dépêtrer de sa connerie. Comme le couple qui emménage ensemble au bout de deux mois de relation et qui au bout de six ne s’entend plus et là, retour à la case départ. Avec un peu de malchance en plus, ça finit en squattage chez un pote quelques jours parce que c’est l’autre qui a gardé l’appartement. Super.

Pourtant cet OM Champions Project avait bien commencé. Si on reprend ses quatre piliers, c’est sur de bons rails. L’engagement citoyen du club s’est traduit par la création de la Fondation OM en octobre 2017 qui soutient l’éducation, le développement de l’entreprenariat, l’accès à la pratique sportive pour les plus jeunes, le soutien à la culture urbaine… Il y a ensuite la fan experience, un sujet là aussi dans de bonnes voies maintenant que l’OM est gestionnaire exclusif de l’Orange Vélodrome avec l’entière exploitation de son activité événementielle notamment. Passons à la pérennité économique qui elle se détermine davantage sur le long terme mais qui est grandement impactée par la récurrence de l’OM à jouer une compétition européenne. Alors que la finale de l’Europa League la saison dernière avait correctement initiée cela, c’est moins bien parti cette année avec l’élimination en phase de poules de la Champions League et a priori, la non-qualification à venir pour 2019-2020.

Le dernier gros pilier de la stratégie du club phocéen, c’est la performance sportive et la formation. Cette dernière est un sujet important puisque Franck McCourt a pour objectif qu’il y ait 5 joueurs formés au club dans le XI de départ. Aujourd’hui sur 7 joueurs de l’effectif professionnel formés dans la cité phocéenne, seul 2 jouent régulièrement : Maxime Lopez et Boubacar Kamara. Quant à la performance sportive, ça avait plutôt bien commencé en finissant 5ème en 2016-2017 puis 4ème en 2017-2018 mais le système Garcia s’essouffle et un peu de renouveau ne ferait pas de mal au style de jeu. Il faut dire qu’avec plus de 27 mois à la tête de cette équipe, Rudi Garcia a largement dépassé la longévité moyenne d’un entraîneur de Ligue 1 Conforama. En 2014, on estimait qu’un entraîneur restait à peu près 4 saisons en place mais en mars 2016, le CIES nous confiait qu’en France, la longévité médiane était plutôt de 16 mois.

Alors comme chaque bon entrepreneur, il est tant que malgré son obstination, Garcia se rende compte qu’il y a des failles et qu’il n’est plus à même de les réparer. En tout cas pas en restant aussi impliqué et sans se remettre en cause. Face aux mauvais résultats, la seule décision que peut prendre un président, c’est de renvoyer un entraîneur et même si ce n’est pas plaisant, même si on n’est pas sûr de trouver une meilleure alternative, même si McCourt répète que l’Olympique de Marseille a besoin de « stabilité et de continuité », un peu de vent frais et de sang neuf n’a jamais fait de mal à personne et de toute façon, on ne pourra plus faire pire. N’abandonnons pas ce projet de start-up, allons juste chercher un autre Garcia qui prendra de la hauteur, regardera le projet dans son ensemble et y tentera quelques ajustements pour relancer la machine et la rendre efficace, attractive et prospère.

C’était bien essayé Rudi mais il est temps de passer au pitch suivant.

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Romane

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